Les adolescents, ces étrangers que nous ne comprenons pas

L’adolescence est caractérisée par la métamorphose physique et psychologique de la personne entre 13 et 18 ans ; et les changements qui surviennent sont si soudains, surtout au niveau de l’attitude. En effet, dans cette période, l’enfant, en route vers l’âge adulte peut subir d’énormes perturbations au point que vous ne le reconnaissiez plus. L’ado se conduit anormalement : il devient agressif et violent, il se comporte tel un délinquant. Toxicomanie, fugue… et tout un tas de conduites incompréhensibles sont adoptées par votre enfant. Pourtant, il semble qu’il ait eu une enfance heureuse ; comblée d’amour et d’affection. Face à un tel désastre, les parents ne trouvent qu’une solution : la punition. Certains parents optent pour l’enfermement dont le résultat n’est pas toujours celui désiré. Bien des cas de suicides ont été dus à des sanctions de ce genre. Pourtant, si on les laisse faire, non seulement ils se détruisent, mais encore, ils deviennent un poison pour leur entourage. Aussi est-il juste d’admettre qu’accompagner un adolescent est une lourde tâche. Quelle attitude adopter, et quelles mesures prendre ?

Connaitre les causes

Les hormones (progestérone et œstrogène pour la fille, testostérone pour le garçon) sont les principales responsables des mutations observées chez l’adolescence. De par son sens étymologique même (impulser, exciter), nous pouvons comprendre que ces hormones-là vont bouleverser l’adolescent.En fait, l’adolescence est la fête des hormones.Comme nous le savons, les hormones assurent la production des gamètes mâles et femelles par les gonades (ovaires et testicules), mais elles sont également responsables du développement des caractères sexuels secondaires, comme la pilosité, les règles, le gonflement des seins ainsi que l’élargissement du bassin chez les filles, la mue de la voix chez le garçon…Les hormones fabriquées par le corps à cette période de la vie transforment progressivement le corps, renforçant les caractéristiques typiquement féminines ou masculines. Toutefois, il est aussi à souligner que les hormones font littéralement perdre la tête, surtout que l’ado, lui, se trouve pilonné ! Au-delà du peu de changements qui est observables, il y a en lui un véritable chambardement indicible. L’adolescent vit dans un corps qui lui est presque inconnu, dans un milieu social qui n’aide pas toujours. Des questions à ne pas en finir, des désirs nouveaux, incompréhensibles et difficiles à contrôler… voilà ce à quoi l’adolescent, perdu entre enfance et âge adulte, est exposé, et c’est, en conséquence,la raison pour laquelle il a des conduites jugées excessives. (Notons quand même que les transformations chez l’adolescent ne se traduisent pas forcément par une crise, associant mauvais comportements et opposition). Il est clair qu’il ne peut pas s’en sortir sans que l’adulte ne fasse quelque chose pour venir à sa rescousse.

Accompagner un adolescent dans sa crise

C’est ici que tout se complique. Quels sont les devoirs de l’adulte devant un adolescent en crise ? Premièrement, l’adolescent a besoin de repères solides auxquels se raccrocher : des parents exemplaires, une famille unie avec plein d’amour dans le foyer, et non des parents qui condamnent son enfant qui se met à fumer, alors qu’ils en font de même. L’adolescent est un apprenti adulte, et ne suit que le modèle de ses parents. Tout repose donc sur l’adulte. Toutefois, malgré une conduite exemplaire des parents, l’ado peut toujours faire des siennes. Dans ce cas, c’est l’adulte lui-même qui doit être solide. Plus clairement, dialogue, compréhension et compassion doivent être les mots d’ordre des parents. Le fil liant parents et enfant ne doit jamais être coupé, encore moins dans les périodes difficiles ! Comme déjà dit, l’ado n’est pas dans son état « normal ». Un ado violent a probablement mal en lui ; il y a une grande insécurité interne. La réaction de l’adulte doit être une réaction de soin ! Aussi, ne pas confondre »punition » et « réparation ». Un seul faux pas et les dégâts risquent d’être irréparables. La chose à faire c’est de ne pas répondre à cœur chaud, ni punir sévèrement parce que le conflit ne se passe pas entre l’ado et vous, mais entre lui et son Autre intérieur. Vous pouvez poser des interdits (ce qui est tout naturel), mais il faut garder à l’esprit qu’un adolescent en crise est exactement comme un malade à suivre au pied du lit.

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