Mon portable et moi….

Le premier téléphone portable, Motorola DynaTAC 8000X, fut conçu durant la fin des années 60 par un américain du nom de Martin Cooper ; directeur général de la division communication chez Motorola. Cependant, personne, ni même son inventeur, n’aurait jamais imaginé que cet objet puisse devenir l’objet fétiche des ados, quelques années après sa création.  En effet, le téléphone portable était essentiellement utilisé pour les relations professionnelles, et ce n’est que très récemment qu’on a découvert la possibilité de faire des conversations secrètes. Le téléphone portable devient un véritable outil de sociabilité, car a apporté la révolution de la communication à distance. Il permet de maintenir le lien d’intimité avec ses proches, grâce aux conversations faites d’oreille à oreille. Le téléphone était le moyen pour créer une sorte de connexion entre tout un chacun dans une société allant de plus en plus vers l’individualisation. Et c’est là que tout débute. Les parents commencent à permettre aux adolescents d’avoir leurs propres téléphones portables, auxquels ils vont s’attachent très rapidement. Ce qui est tout à fait normal ! Ils ont l’impression d’avoir plus d’intimité grâce aux appels dans la chambre, sans parler des messages qu’ils peuvent s’envoyer entre amis. Avec le temps, il est devenu difficile de faire en sorte que l’adolescent lâche son téléphone ne serait-ce qu’en un court instant. Actuellement, le portable est à usage incessant : peu importe l’endroit, l’heure, il est à la main de la majorité des adolescents.

Portable et maladies

Il ne nous est pas inconnu que le portable, à cause des ondes et des rayonnements émis, peut provoquer certaines maladies, notamment chez les enfants et les adolescents : maux de tête, troubles auditifs, picotements de la peau, clignements oculaires, pertes de mémoire, troubles de la concentration, bourdonnements d’oreilles… mais le problème va encore plus loin ; des maladies un peu plus difficiles à guérir sont en train d’attaquer les adolescents.  Le téléphone portable crée en l’adolescent, une sensation de dépendance. Non seulement, les ados ne peuvent pas se séparer de leur portable, mais en plus, ils présentent des symptômes d’anxiété lorsqu’ils ne l’ont pas. Une véritable crise de panique se manifeste lorsqu’ils croient avoir perdu leur téléphone ! Pour aller dans le métro, en allant faire les courses, et même pour aller dormir, le portable doit toujours être tout près. Les psychologues ont comparé le portable à un « doudou », sans quoi l’adolescent ne peut trouver un sommeil tranquille. Très fraîchement, on a apporté la notion de « Nomophobie » (no mobile phone phobia) pour désigner cette addiction qui marque les sociétés modernes. Le pire, l’accro ne peut pas admette qu’il est totalement subjugué ! Il pense être aux commandes de cet objet vu comme « inoffensif », or, c’est tout à fait le contraire : si le téléphone avait un langage, on pourrait se rendre compte que nous sommes sur le point de perdre le contrôle sur nos actions, voire de nos vies ! On l’entendrait dire incessamment : « charge-moi tout de suite, lis cet e-mail, répond à cet appel »… Mais hélas… ce n’est pas le cas. Cet objet muet nous fait faire des choses comme à l’époque de l’esclavage sans que nous en soyons conscients. Aussi, au même titre que toutes les addictions (addiction au shopping, à l’alcool, à la drogue…), la nomophobie est une maladie psychologique grave, nécessitant des soins particuliers comme on fait avec tous les malades.

Addiction à quoi exactement ?

Bonne question ! En réalité, ce qui rend accro, ce n’est pas le téléphone en lui-même, mais ce que l’on peut faire avec. Etant donné que les jeunes sont curieux de nature (comme nous tous d’ailleurs), l’obsession c’est de vouloir ne rien manquer, et c’est grâce à leur téléphones (les diverses applications, notamment les réseaux sociaux !) qu’ils sont au courant de tout, et tout de suite. Aussi nous comprenons que ce sont les notifications qui font des ados que les ados ne peuvent s ‘imaginer une vie sans téléphone portable. Naviguer sur les réseaux sociaux représente alors pour la plupart des jeunes une urgence provoquant des situations d’impatience et de frustration, symptômes de l’addiction, comme déjà dit. Lorsque le bip se déclenche, il y a un léger stress ou toute autre émotion que l’on ne devrait pas ressentir en entendant un simple son se manifeste. Parfois, on peut même avoir des illusions de toujours recevoir des notifications!
Outre cela, les personnes en manque de confiance peuvent sortir de leur bulle et se font un nouveau monde dans les réseaux sociaux. On ose se montrer, on se fait apprécier par des inconnus, bien que ce ne soit que du virtuel. Ainsi, l’ado a constamment son téléphone, il essaie d’agrandir son cercle social. Il peut enfin se sentir comme « quelqu’un », surtout quand vient le moment où il fait des publications et  reçoit beaucoup de « j’aime » sur Facebook. Ici, les réseaux sociaux sont carrément la vie de l’adolescent, si bien que quand il perd sa côte de popularité, il peut tomber dans la dépression.

Un danger imminent  pour la société !

Le portable peut entrainer une destruction sociale ! Il  conditionne les actions et les interactions de ceux qui en sont accro.  Il est aussi un instrument de dé-communication, malgré le fait qu’il ait été fabriqué pour améliorer la communication. Oui, on peut se faire beaucoup d’amis par son intermédiaire, mais la communication est superficielle. Les rapports sociaux sont alors détruits. Plutôt que de se focaliser sur le réel, on est entrainé dans un monde imaginaire, qui s’empare de tout l’être en entier. La relation adulte-adolescent est de plus en plus ambiguë car les dialogues se font rares. La société victime de l’addiction aux portables ne connait plus les notions de savoir-vivre ni de disciplines : Smartphone à la main même à table ; et cette attitude est adoptée autant par l’adulte que par l’adolescent (soit disant pour des causes professionnelles).
A cela s’ajoute la baisse catastrophique du niveau des élèves à l’école. Pas du tout étonnant, vu que le téléphone portable s’incruste partout ! S’ils ne lâchent pas leurs téléphones devant leurs parents, ils ne le feront pas sous l’ordre de personnes inconnues. Les adolescents n’ont en tête que de maintenir le contact avec des amis virtuels en tout temps. Déjà, il est difficile de convaincre un adolescent de prendre les études au sérieux (avec leur caractère rebelle), mais encore le manque de sommeil dû aux nuits passées devant le téléphone ne fait que rabaisser la capacité de l’adolescent à apprendre. Décidément, le portable, cette petite « chose » représente un danger fatal pour l’humanité, car les ados sur qui repose l’avenir sont totalement hors d’eux.

Maintenant donnons-nous rendez-vous dans 20 ans afin de constater les réels dégâts qu’aura cause le portable !

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