Homosexualité féminine

Origine des différentes dénominations

Dès l’antiquité, l’homosexualité féminine était bien présente… Cependant, elle était vue comme quelque chose de contre-nature, voire considéré comme délictueuse. Ce n’est qu’à partir du XIXe siècle que l’homosexualité féminine reçoit l’appellation de « lesbianisme », «  saphisme », ou encore « tribadisme » (du grec tribein, frotter). Ces termes, nous les devons à Sappho, habitante de l’île de Lesbos, poétesse grecque des années 600 avant Jésus-Christ. C’est la femme homosexuelle la plus connue de l’histoire, probablement parce qu’elle assumait ce qu’elle était. En effet, Sappho n’avait de honte à montrer son désir pour les femmes à travers ses œuvres.
13-01En général, l’on peut distinguer deux catégories de femmes vivant dans l’homosexualité : les « viriles ou butch », et les « féminines ou fems ». Le premier groupe est celui que nous reconnaissons facilement. Il est constitué de femmes dont l’apparence physique ainsi que l’attitude ressemblent à celles des hommes. Elles ont une mentalité que l’on pourrait qualifier de masculine. Le second groupe est, au contraire, constitué de femmes plutôt féminines dans leur allure et leur comportement avec l’entourage ; elles sont souvent passives et soumises, et parfois bisexuelles. Le lien amoureux entre deux femmes est d ‘abord fondé sur une relation totalement fusionnelle. Il est important d’être au petit soin vis-à-vis de l’autre ; mais la base c’est surtout la fidélité. La recherche de la passion ailleurs marque la fin de l’histoire.  Généralement, la relation entre femmes contient des éléments de rapports primaires entre une mère et sa fille. L’une des femmes aura des attitudes maternelles, l’autre des attitudes infantiles.

Pratiques sexuelles

Aux yeux des hétérosexuels, la vie sexuelle lesbienne reste mystérieuse. Il parait qu’elle est plus passionnelle, plus sensuelle, et que l’orgasme est plus intense entre femmes ; certainement parce que l’une sait exactement ce que recherche le corps de l’autre.

  • 13-01 3Le toucher
    Les femmes sont adeptes des caresses. Peut-être même davantage que les couples hétérosexuels. Ainsi les mains participent-elles généreusement à leur vie sexuelle. Dans l’amour entre femmes, les préliminaires ont la place du roi. Masturbation à deux, tendresse, douceur…
  • Les frottements
    Comme son nom l’indique, il s’agit du fait pour deux femmes de frotter leur sexe l’un contre l’autre. (Le tribadisme comme nous avons énoncé au tout début)
  • La bouche
    Le plaisir par la bouche est très important dans les ébats sexuels lesbiens. Bouche contre bouche, cunnilingus, annulingus, ces pratiques sont communes aux couples hétérosexuels.
  • La pénétration
    La pénétration existe bel et bien dans les pratiques lesbiennes, elle est même systématique. Elle peut être anale ou vaginale, peut se faire avec les doigts, la main, la langue ou des objets sexuels comme des harnais, sextoys,… On parle également de fist-fucking, pratique qui consiste à introduire sa main ou son poing dans le vagin de sa partenaire.

Causes ?

La question autour de laquelle le débat se tient encore jusqu’à l’heure actuelle est : l’homosexualité est-elle acquise ou innée ? Génétique ou sociale ?
Deux grandes théories sont en perpétuelle mésentente : la théorie de l’essentialisme contre celle du constructivisme. L’essentialisme se mélange au naturalisme et au biologisme. Les essentialistes soutiennent que l’on naît homosexuel, ou sinon, on le devient très tôt. L’homosexualité serait imprégnée dans le sang. Bien évidemment, l’essentialisme tient des discours  longtemps dominants sur le statut pathologique, marginal et déviant de l’homosexualité. La contrepartie du discours essentialiste est encore récente: ce n’est que depuis les années cinquante, et surtout depuis la décennie soixante-dix, qu’on entend parler du constructivisme. Cette théorie présume que l’environnement social aurait quelque chose à voir dans l’orientation sexuelle de chaque personne. Selon les psychanalystes, le choix de l’objet sexuel résulte du vécu de chacun dans l’enfance. Il est indéniable que nous soyons faits naturellement pour la reproduction de l’espèce, qui ne se fait qu’avec le sexe opposé ; toutefois, le désir ainsi que la pulsion dépendent des circonstances sociales. Plusieurs suppositions se font pour expliquer les pourquoi et les comment de l’homosexualité : l’éducation, le traumatisme causé par l’abus d’un homme (émotionnellement, physiquement, psychologiquement…), une mère idéalisée, pourtant pas très présente dans l’enfance, l’incapacité structurelle d’une femme à accepter la différence des sexes…
Les avis sont antinomiques ; l’on ne peut affirmer gratuitement laquelle de ces théorie détient la vérité. En tout cas, on ne peut pas résumer l’homosexualité à une ou plusieurs raisons principales, même si dans certains cas des raisons se recoupent et semblent être communes à beaucoup.

Les femmes homosexuelles dans la société

13-01 1Fort heureusement, aujourd’hui, les homosexuels ne sont plus vus comme des lépreux et des infréquentables. Au cours des dernières années, la reconnaissance juridique des réalités homosexuelles a fait des progrès remarquables. Depuis le droit au mariage des conjoints de même sexe acquis en juin 2005, il existe maintenant une véritable égalité juridique entre les citoyens sur la base de l’orientation sexuelle.
Or, il est toujours plus difficile pour les femmes de faire leur coming-out que pour les hommes homosexuels. Après tout, s’afficher comme étant lesbienne, c’est aussi s’attendre aux jugements, bien que subjectifs, d’autrui.  Elles préfèrent rester invisibles. Le quotidien d’une femme homosexuelle est assez difficile. Déjà que d’habitude, la femme est jugée inférieure à l’homme,  les lesbiennes mènent un double combat pour s’épanouir socialement. Leur vie sociale dépend en fait de la communauté culturelle concernée. Certaines sociétés tolèrent l’homosexualité, tandis que d’autres la condamnent.
L’homosexualité, une interminable polémique ne débouchant sur rien de plus que la confusion. Toutefois, si l’hétérosexualité ne fait pas objet de discussion ni objet d’étude scientifique, pourquoi l’homosexualité devrait-elle le faire ?

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